Prépa UTMB Nice : sortie 3h

Boulari, 7h30 – Le départ vers l’inconnu Le soleil matinal caresse déjà les crêtes autour de Nouméa, mais en cette période de l’année l’air reste frais. Mon plan d’entraînement prévoit 3 heures et 850 D+. Aujourd’hui, je quitte les sentiers habituels pour un nouveau parcours : une trace qui part de Boulari, au nord de la ville, et grimpe vers le Mont Algoué. L’aller, 4 km et 500 D+, n’est que la première étape. Je vais poursuivre jusqu’au Pic Malaoui, dont la vue, comme depuis tant d’autres sommets calédoniens, est à couper le souffle.

Un dernier échange avec un groupe de randonneurs et me voilà parti. Dès les premiers pas, le sentier me rappelle à l’ordre : une pente abrupte, presque verticale, qui s’élance devant moi. Pas question de forcer. Je marche d’un pas décidé, les muscles qui s’éveillent, le souffle encore calme. Dès que le pourcentage de la pente devient raisonnable je m’élance et commence à courir.

L’ascension – Entre monotrace et magie des cimes Le sentier se rétrécit, devient à peine visible. Arrivé au niveau d’un pylône électrique, la sentier se transforme en une fine ligne tracée dans la végétation.

Après quelques efforts, la végétation s’ouvre pour laisser place à un tapis de fougères et d’arbustes de quelques dizaines de centimètres. Juste ce qu’il faut pour m’aider à grimper. Et soudain, comme une récompense, les derniers cent mètres offrent leur spectacle. Nouméa se présente, baignée de lumière, et sur la gauche le Mont Dore toujours aussi majestueux.

Je reprends mon souffle, je regarde, je profite. Une belle journée de rando-trail s’annonce.

Au sommet du Mont Algoué – L’appel des cimes Je l’atteins enfin, ce sommet. Devant moi, une mer de montagnes à perte de vue. Des sommets sans nom, mystérieux, et puis eux : le Mont Dore, mon terrain de jeu habituel, et le Pic Malaoui, où j’ai vécu ma première rando il y a un an. Aujourd’hui, j’y accéderai par un autre chemin, une autre perspective.

Je m’arrête souvent, non pas pour reprendre mon souffle mais pour prendre des photos Je sais, je suis censé m’entraîner, mais comment résister ?

Vers le Pic Malaoui – La forêt tropicale et ses pièges Je redescends légèrement, et là, il se dévoile : le Pic Malaoui, fier, se dressant vers le ciel comme pour défier la mer. Quel spectacle.

Mais avant de l’atteindre, il me faut traverser un passage digne des plus belles forêts tropicales. L’air est humide, le sol glissant. Il faut être vigilent, sous le feuillage dense se cache parfois un trou, une ravine.

Étonnamment, mes jambes répondent bien. Je progresse lentement, prudemment, mais sans effort excessif. Mon cœur bat à un rythme paisible. Pas sûr que cela colle bien au plan d’entraînement mais je prends 🙂 .

L’ascension finale – Le cardio s’emballe Le Malaoui est proche maintenant. Le sentier se fait plus technique : des rochers glissants, des passages étroits où une mauvaise pose de pied signifierait une chute brutale. Et puis, soudain, une dernière montée, raide. Mon cardio, jusqu’ici calme, s’emballe. Je respire, je pousse sur les jambes. Encore un effort. Et me voilà au sommet.

Waouh. La vue est à couper le souffle. Nouméa, la mer, les montagnes… Tout semble s’offrir à moi. Je m’assois sur un rocher, sort une barre de céréales. Un peu d’eau, et je savoure ce moment. Rien que ça. Rien que cette vue.

La descente – Mon éternel défi Mais il est temps de redescendre. Et c’est là que les choses se compliquent. Mes jambes manquent d’agilité, mon esprit de fluidité. Je travaille sur ce point mais je ne progresse pas très vite. Pour le moment, je dois me contenter de descendre prudemment, sans rythme.

Heureusement, le cardio et les jambes tiennent le coup. Seuls quelques détours — des fausses pistes où je me suis engagé par erreur — viennent perturber ma progression. Heureusement mon smartphone me permet de rectifier ma trace. J’utilise l’application Open source « Organic Maps », on y retrouve, entre autre, tous les sentiers de randonnée.

Encore quelques efforts et je rejoins le Mont Algoué, puis le départ de la trace.

Bilan d’une belle sortie après 4h05 de trail, 15 km parcourus et 950 D+ au compteur. Presque parfait. Presque, car lors d’une partie très technique en descente, j’ai malencontreusement mis ma montre sur pause… Tant pis. L’essentiel est ailleurs.

Maintenant, place au repos. Demain, ça sera renforcement musculaire et peut être endurance fondamentale.

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